Six mois pour entendre ce que
j'aurais dû savoir à huit ans.
Le diagnostic TDAH adulte en France, c'est un parcours du combattant. Je ne dis pas ça pour décourager. Je le dis parce que j'aurais aimé qu'on me prévienne. Que quelqu'un me dise à quoi m'attendre. Combien de temps ça prendrait. Ce que ça coûterait. Et surtout, ce que ça ferait de recevoir ce mot, TDAH, à 33 ans, assis dans un cabinet de psychiatrie avec les mains moites, après avoir passé vingt-cinq ans à croire que j'étais juste quelqu'un qui ne faisait pas assez d'efforts.
Ce qui suit, c'est mon parcours. Pas un guide administratif. Pas un arbre décisionnel. C'est l'histoire d'un adulte qui a mis six mois entre le premier soupçon et le diagnostic posé. Six mois qui ont changé la manière dont je me comprends.
Pourquoi j'ai mis si longtemps à consulter ?
Pour se faire diagnostiquer TDAH adulte en France, il faut consulter un psychiatre formé au TDAH adulte. Le processus comprend des questionnaires (ASRS), un entretien approfondi sur l'enfance et le parcours, et souvent un bilan neuropsychologique. Comptez entre trois et six mois de délai et entre 300 et 800 euros au total, partiellement remboursés.
Rétrospectivement, les signes étaient là depuis toujours. Les bulletins scolaires avec les mêmes remarques chaque trimestre : intelligent mais distrait, peut mieux faire, bavard, décroche vite. Ma chambre que je ne rangeais jamais. Les devoirs que je faisais en cinq minutes ou pas du tout. L'incapacité à rester assis pendant un repas de famille.
Personne n'a cherché. Pas parce que mes parents étaient négligents. Ils étaient attentifs. Mais dans les années 2000 en France, le TDAH n'existait quasiment pas dans le vocabulaire des enseignants et des médecins. C'était un truc américain. Un truc d'enfants hyperactifs qui courent partout. Et moi, je ne courrais pas partout. J'étais dans la lune.
Le TDAH de type inattentif prédominant, celui que j'ai, est le plus silencieux. Tu ne déranges personne. Tu rêvasses. Tu perds tes affaires. Tu oublies les consignes. Mais tu es calme, alors personne ne s'inquiète. On te dit juste de faire plus d'efforts. Si tu te demandes à quoi ressemblent concrètement ces signes, j'en ai fait la liste détaillée dans la page sur les symptômes du TDAH chez l'adulte. C'est aussi le profil qu'on retrouve majoritairement chez les femmes : j'en parle sur la page TDAH chez la femme adulte.
J'ai compensé. J'étais intelligent, ça aidait. Je pouvais comprendre un cours en cinq minutes et passer le reste de l'heure à dessiner. Je rattrapais la veille ce que je n'avais pas fait pendant trois semaines. Le système scolaire français, avec ses examens finaux plutôt que ses contrôles continus, m'a permis de passer entre les mailles du filet. Jusqu'à ce que ça ne marche plus. C'est l'histoire classique d'un TDAH resté non diagnostiqué à l'âge adulte.
Comment se passe le premier rendez-vous ?
Tout a commencé par une vidéo YouTube. Un témoignage d'un adulte diagnostiqué TDAH qui racontait sa vie, et j'avais l'impression qu'il racontait la mienne. Pas vaguement. Précisément. Les clés perdues, la paralysie devant les tâches administratives, l'hyperfocalisation, le cerveau qui ne s'éteint jamais le soir, l'émotion qui monte trop vite.
J'ai passé les 19 jours suivants à lire tout ce que je trouvais. Les critères du DSM-5, les auto-questionnaires ASRS, les publications de Russell Barkley, les témoignages sur Reddit. Trois heures du matin, les yeux qui brûlent, encore un onglet ouvert. J'ai hyperfocalisé dessus, ce qui est assez ironique quand tu y penses.
Puis j'ai pris rendez-vous chez mon médecin généraliste. Je suis arrivé avec mes notes, mes bulletins scolaires, mes résultats d'auto-questionnaires. Il m'a écouté poliment. Il m'a demandé si je n'étais pas juste stressé. Il m'a demandé si je dormais bien. Il m'a dit que le TDAH, c'était surtout chez les enfants.
Je ne lui en veux pas. La formation des généralistes en France sur le TDAH adulte est quasi inexistante. La Haute Autorité de Santé a publié des recommandations en 2014, mises à jour depuis, mais le TDAH adulte reste un angle mort de la médecine de ville. Mon généraliste a quand même accepté de me faire une lettre pour un psychiatre. C'est déjà ça.
Le problème, c'est trouver le psychiatre. Un psychiatre qui connaît le TDAH adulte, qui l'a étudié, qui sait le distinguer de l'anxiété, de la dépression, du trouble bipolaire. Ils ne sont pas nombreux. Dans ma ville, j'en ai trouvé trois. Le premier avait six mois d'attente. Le deuxième ne prenait plus de patients. Le troisième m'a donné un rendez-vous dans deux mois.
Que fait le psychiatre ?
Deux mois d'attente. Deux mois à douter. Est-ce que je me fais des idées ? Est-ce que je veux juste une excuse pour mes échecs ? Est-ce que je suis en train de me convaincre d'avoir quelque chose que je n'ai pas, juste parce que j'ai vu une vidéo sur Internet ?
Le jour du rendez-vous, j'étais nerveux. Le psychiatre, un homme d'une cinquantaine d'années, spécialisé en troubles de l'attention, m'a posé des questions pendant une heure et demie. Pas les questions que j'attendais. Pas "est-ce que vous avez du mal à vous concentrer ?". Des questions précises.
Comment ça se passait en primaire ? Pas les notes. Le comportement. Est-ce que je perdais mes affaires ? Est-ce que je finissais mes contrôles ? Est-ce que je rêvassais ? Comment je faisais mes devoirs ? Est-ce que j'avais des passions intenses qui changeaient souvent ? Comment je gérais mon temps au lycée ? En études supérieures ? Maintenant ?
Il m'a demandé si un de mes parents se reconnaissait dans ce profil. Ma mère, ai-je dit. Elle perd tout. Elle commence dix projets et en finit un. Elle a les mêmes difficultés avec le temps et les tâches administratives. Le TDAH a une composante génétique forte, les études d'héritabilité menées par Stephen Faraone et ses collègues l'estiment autour de 74%.
À la fin de ce premier rendez-vous, il m'a dit qu'il y avait de bonnes raisons de creuser. Pas un diagnostic. Une hypothèse solide. Il m'a donné des questionnaires à remplir, dont l'échelle de Wender Utah et l'ASRS-v1.1. Il m'a demandé de revenir avec mes bulletins scolaires et, si possible, un témoignage écrit de mes parents sur mon comportement enfant.
Qui peut poser un diagnostic de TDAH ?
En France, seul un médecin peut poser un diagnostic de TDAH. En pratique, c'est presque toujours un psychiatre formé au TDAH, parfois un neurologue. Le médecin généraliste oriente et rédige la lettre. Le psychologue et le neuropsychologue réalisent les bilans mais ne posent pas le diagnostic médical à eux seuls. Un coach TDAH, lui, ne peut pas diagnostiquer.
C'est une des questions qui revient le plus souvent : qui consulter pour un TDAH ? Je l'ai cherchée moi-même, et la réponse n'est pas toujours claire quand on commence. Voilà ce que j'ai compris.
Le médecin généraliste. C'est souvent la première porte. Il ne pose pas le diagnostic de TDAH, mais il écoute, écarte d'autres pistes (thyroïde, sommeil, dépression) et rédige une lettre d'orientation vers un psychiatre. Le mien a minimisé au début. Le tien sera peut-être mieux informé. La formation des généralistes sur le TDAH adulte progresse, lentement.
Le psychiatre. C'est lui qui pose le diagnostic. Mais attention, tous les psychiatres ne sont pas à l'aise avec le TDAH adulte. Tu cherches un psychiatre qui le connaît, qui sait le distinguer de l'anxiété, de la dépression, du trouble bipolaire. C'est aussi le seul qui peut prescrire un traitement médicamenteux ensuite.
Le neuropsychologue. Il fait passer le bilan neuropsychologique : tests d'attention, mémoire de travail, fonctions exécutives. Ce bilan documente le profil cognitif. Mais le neuropsychologue ne pose pas seul le diagnostic médical, il fournit un éclairage au psychiatre.
Le psychologue. Il peut faire passer des questionnaires, accompagner en thérapie, repérer des éléments. Il ne pose pas le diagnostic médical et ne prescrit pas. Un psychologue peut être précieux dans le parcours, surtout pour la TCC adaptée au TDAH, mais le diagnostic, lui, passe par un médecin.
Où faire un diagnostic TDAH. En libéral, chez un psychiatre. Ou via les structures publiques : les CMP (Centres Médico-Psychologiques) sont gratuits mais les délais sont longs et tous ne sont pas formés au TDAH adulte. Beaucoup de CHU ont une consultation spécialisée dans les troubles de l'attention, parfois rattachée à un centre expert. L'association HyperSupers TDAH France tient un annuaire de professionnels qui m'a aidé à m'orienter.
Un mot sur le diagnostic TDAH en ligne. Des téléconsultations psychiatriques existent et peuvent être un vrai recours quand aucun spécialiste n'est joignable près de chez toi. Mais méfie-toi des plateformes qui promettent un diagnostic express en une visioconférence, sans entretien approfondi ni recueil de l'histoire d'enfance. Un diagnostic sérieux prend du temps, qu'il se fasse en cabinet ou à distance.
C'est quoi le bilan neuropsychologique ?
Mon psychiatre m'a recommandé de faire un bilan neuropsychologique. Ce n'est pas obligatoire pour poser le diagnostic, le diagnostic est clinique, basé sur l'entretien et l'histoire de vie. Mais il m'a expliqué que le bilan permettrait d'affiner le profil : quelles fonctions cognitives sont touchées, à quel degré, et s'il y a autre chose qui se passe en parallèle.
Le bilan, je l'ai passé chez une neuropsychologue. Deux séances de deux heures chacune. C'est long. C'est fatiguant. Et c'est assez déstabilisant parce que tu sens que tu es évalué en temps réel.
Les tests d'attention. Le CPT (Continuous Performance Test), un test informatisé où tu dois réagir à certains stimuli et ignorer d'autres. Pendant vingt minutes. C'est terriblement ennuyeux, ce qui est un peu le but. Mon taux d'erreurs d'omission (les stimuli que j'ai ratés parce que mon attention avait décroché) était significativement élevé. Mon temps de réaction était irrégulier, des périodes rapides entrecoupées de trous.
La mémoire de travail. Des séquences de chiffres à retenir et à restituer dans l'ordre inverse. Des calculs mentaux enchaînés. C'est là que le TDAH se voit souvent. Ma mémoire de travail verbale était dans la moyenne basse, alors que mon QI global était nettement au-dessus. Cet écart, ce décalage entre le potentiel et le fonctionnel, c'est un marqueur classique du TDAH.
Les fonctions exécutives. La planification, la flexibilité mentale, l'inhibition. Le test de la Tour de Londres, le test de Stroop, le Wisconsin Card Sorting Test. Mes résultats étaient hétérogènes. Brillant sur certains aspects, effondré sur d'autres. C'est le profil typique.
Le QI. La WAIS-IV. Ce n'est pas un test de TDAH, mais il fait souvent partie du bilan. Mes scores étaient élevés partout, sauf en vitesse de traitement et en mémoire de travail. Ce profil "en dents de scie", avec un écart significatif entre les indices, est très fréquent dans le TDAH, même s'il n'est pas diagnostique en soi.
Le bilan a coûté 380 euros. Non remboursé par la Sécurité sociale. Ma mutuelle en a pris en charge 150 euros. C'est un privilège de pouvoir payer ça. Je le sais. Et c'est un problème systémique en France que l'accès au diagnostic dépende en partie des moyens financiers.
Quels questionnaires et tests pour le TDAH ?
Pendant mon parcours, j'ai croisé plusieurs questionnaires. Au début, je les confondais tous. Ils n'ont pas le même rôle, et c'est utile de le savoir avant un rendez-vous.
L'ASRS. L'Adult ADHD Self-Report Scale, mise au point avec l'Organisation mondiale de la santé. C'est un auto-questionnaire court, six questions pour la version de dépistage. Tu peux le remplir seul, avant la consultation. Il ne diagnostique rien, mais un score élevé est un signal qui justifie de creuser. C'est souvent le premier outil qu'on te demande.
La DIVA. La Diagnostic Interview for ADHD in adults. Là, on change de catégorie. Ce n'est pas un auto-questionnaire, c'est un entretien diagnostique structuré que le clinicien fait passer pendant la consultation. La DIVA reprend chaque critère du DSM-5, dans l'enfance et à l'âge adulte, avec des exemples concrets de la vie quotidienne. C'est long et précis. Si ton psychiatre utilise la DIVA, c'est plutôt bon signe : ça veut dire qu'il prend le temps.
L'échelle de Wender Utah. Elle sert à reconstituer rétrospectivement les symptômes de l'enfance. Le mien me l'a fait remplir. Parce que pour poser un diagnostic de TDAH, il faut établir que les difficultés étaient déjà là avant l'âge adulte, même si personne ne les avait nommées.
Les questionnaires pour enfant. Quand il s'agit d'un enfant, les outils changent. Les échelles de Conners, par exemple, sont remplies par les parents et par les enseignants, pour croiser le comportement à la maison et à l'école. J'en reparle plus bas.
Et les tests TDAH en ligne ? Tu en trouveras des dizaines, gratuits, en quelques clics. Certains s'appuient sur l'ASRS, d'autres sur rien de sérieux. Un test en ligne peut t'aider à mettre des mots sur ce que tu vis et à décider de consulter. Il ne peut pas te diagnostiquer. Aucun questionnaire, aussi bien fait soit-il, ne remplace l'entretien d'un psychiatre. Sur ce site, j'ai construit un quiz d'auto-évaluation du TDAH dans cet esprit : une première marche pour t'orienter, jamais une réponse définitive.
Un dernier point sur les tests informatisés type CPT, dont j'ai parlé pour le bilan neuropsychologique. Ils mesurent l'attention soutenue en conditions standardisées. Ils apportent un éclairage objectif, mais aucun test, informatisé ou pas, ne pose le diagnostic à lui seul. Le diagnostic reste clinique.
Que se passe-t-il le jour du diagnostic ?
Six mois après la vidéo YouTube. Trois rendez-vous avec le psychiatre. Le bilan neuropsychologique. Les questionnaires remplis. Les bulletins scolaires relus. Le témoignage de ma mère.
Mon psychiatre m'a dit : "Vous avez un TDAH, type inattentif prédominant. C'est clair." Pas d'ambiguïté. Pas de "peut-être". Les critères du DSM-5 étaient remplis, l'histoire de vie était cohérente, le bilan neuropsychologique confirmait le profil.
Le soulagement. C'est venu en premier. Un truc physique, une espèce de relâchement dans la poitrine que je n'avais pas senti depuis des années. Ce n'est pas dans ma tête. Ce n'est pas un défaut de caractère. Pas de la paresse. C'est neurologique. Ça a un nom.
La colère. Elle est venue après, dans les jours qui ont suivi. Vingt ans de compensation. Vingt ans de honte. Vingt ans d'efforts pour réussir des choses qui auraient pu être plus simples avec le bon accompagnement. Toutes ces fois où on m'a dit de faire plus d'efforts alors que je faisais déjà plus d'efforts que tout le monde.
Le deuil. C'est le mot que j'ai trouvé le plus juste. Le deuil d'une version de moi qui n'a pas existé. L'enfant qui aurait pu être aidé. L'adolescent qui n'aurait pas eu besoin de compenser autant. L'étudiant qui n'aurait pas raté ses examens pour des raisons qui n'étaient pas de la paresse. Ce deuil, je le porte encore. Il s'atténue. Mais il est là.
L'espoir. Plus discret. Fragile, même. Maintenant que je sais, je peux agir. Pas forcer. Agir. Comprendre comment mon cerveau fonctionne et travailler avec, au lieu de passer ma vie à le combattre. (Je me trompe peut-être sur ce point. Peut-être que "travailler avec" est encore une forme de compensation déguisée. Je n'ai pas assez de recul pour en être sûr.)
Qu'est-ce que le diagnostic change vraiment ?
Soyons honnêtes. Le diagnostic ne résout rien. Le lendemain, tu te réveilles avec le même cerveau. Tu perds toujours tes clés. Tu es toujours en retard. Tu as toujours du mal à commencer les tâches ennuyeuses. Le TDAH ne disparaît pas parce qu'on l'a nommé.
Ce qui change, c'est le regard que tu poses sur toi-même. Quand tu sais que ta difficulté à te mettre au travail est neurologique, tu arrêtes de te traiter de fainéant. Tu arrêtes de te comparer aux autres en te demandant pourquoi c'est si facile pour eux et si dur pour toi. Tu commences à chercher des stratégies adaptées au lieu de t'infliger des stratégies faites pour des cerveaux neurotypiques.
Ce que ça a changé pour moi. J'ai commencé un traitement médicamenteux, que j'ai arrêté après quatre mois. J'ai entamé une TCC adaptée au TDAH. J'ai restructuré mon environnement de travail. J'ai commencé à expliquer à mes proches pourquoi je fonctionne comme je fonctionne. Pas comme une excuse. Comme une information.
Ce que ça n'a pas changé. Le TDAH est toujours là, tous les jours. Je lutte encore avec la gestion du temps. Je perds encore des objets. Je suis encore submergé par les émotions parfois. Le diagnostic n'est pas une guérison. C'est un point de départ.
Quels conseils pour se lancer ?
Si tu soupçonnes un TDAH et que tu veux te faire diagnostiquer en France, voici ce que j'aurais voulu savoir avant de commencer.
Trouver un spécialiste. Le site de HyperSupers TDAH France a un annuaire de professionnels formés. Tu peux aussi chercher sur les groupes Facebook dédiés au TDAH adulte, les gens partagent des noms de psychiatres par région. Les CMP (Centres Médico-Psychologiques) peuvent être une option gratuite, mais les délais sont très longs et tous ne sont pas formés au TDAH adulte. Le CHU de ta ville a parfois une consultation spécialisée.
Prépare ton premier rendez-vous. Rassemble tes bulletins scolaires. Écris une chronologie de tes difficultés depuis l'enfance. Note les domaines où ça coince : travail, relations, gestion du temps, organisation, émotions. Plus tu arrives avec des éléments concrets, plus le psychiatre peut travailler efficacement. L'auto-questionnaire ASRS est disponible en ligne, remplis-le avant d'y aller.
Les coûts. Une consultation psychiatrique coûte entre 50 et 120 euros selon le praticien. Le bilan neuropsychologique entre 200 et 500 euros. Au total, mon diagnostic m'a coûté environ 600 euros, dont une partie remboursée. Ce n'est pas rien. Si le coût est un frein, les CMP sont gratuits. Certaines mutuelles remboursent mieux que d'autres. Renseigne-toi avant.
Les délais. Compte entre trois mois et un an. L'attente est longue. Elle est moche. Mets ce temps à profit pour lire, pour noter tes symptômes au quotidien. Quand le rendez-vous arrivera, tu seras prêt. Ou pas, parce qu'on n'est jamais vraiment prêt pour ça.
Ce que le diagnostic n'est pas. Ce n'est pas un test en ligne. Les questionnaires sur Internet peuvent donner une indication, mais un diagnostic de TDAH est un acte médical posé par un psychiatre. Un coach TDAH ne peut pas diagnostiquer. Un psychologue ne peut pas prescrire un traitement. Le chemin passe par un psychiatre.
L'entourage. Si tu peux, demande à un parent ou un proche de longue date d'écrire ce dont il se souvient de ton comportement enfant. Ce regard extérieur est précieux pour le diagnostic. Le TDAH doit avoir été présent dans l'enfance, même s'il n'a pas été repéré. Ce à quoi ressemble le TDAH chez l'enfant est souvent plus discret qu'on ne le croit.
Et le diagnostic du TDAH chez l'enfant ?
Mon histoire est celle d'un adulte. Mais beaucoup de gens arrivent sur cette page en se demandant non pas pour eux, mais pour leur enfant. Comment savoir si mon enfant a un TDAH, qui consulter, comment se passe un bilan TDAH enfant. Je ne suis pas parent et je ne vais pas faire semblant de l'être. Voici quand même les repères que j'ai retenus de mes lectures.
Les signes qui peuvent alerter. Une inattention, une impulsivité ou une agitation marquées, présentes depuis plusieurs mois, dans plusieurs contextes (à la maison et à l'école), et qui gênent réellement l'enfant dans sa scolarité ou ses relations. Un enfant distrait ou turbulent n'a pas forcément un TDAH. Ce qui compte, c'est l'intensité, la durée, et le retentissement.
Qui consulter. Le premier interlocuteur, c'est souvent le pédiatre ou le médecin scolaire. Le diagnostic du TDAH chez l'enfant est ensuite posé par un pédopsychiatre, un pédiatre formé au TDAH, ou un neuropédiatre. Il existe aussi des centres diagnostic spécialisés, parfois rattachés à un CHU. Comme pour les adultes, les délais peuvent être longs.
Comment se passe le bilan. Le médecin recueille l'histoire de l'enfant, son développement, son comportement. Des questionnaires sont remplis par les parents et par les enseignants, les échelles de Conners par exemple, pour croiser les regards. Un bilan psychologique ou neuropsychologique complète souvent l'évaluation. L'objectif est aussi d'écarter ou de repérer d'autres choses : troubles des apprentissages, anxiété, troubles du sommeil.
Une dernière chose, et elle compte. Si tu reconnais ton enfant dans ces lignes, il y a de bonnes chances que tu te reconnaisses aussi un peu. Le TDAH a une forte composante génétique. Beaucoup d'adultes découvrent leur propre TDAH au moment où leur enfant est diagnostiqué. Ce n'est pas une coïncidence.
Questions fréquentes
Qui peut diagnostiquer un TDAH ?
Seul un médecin pose un diagnostic de TDAH, en pratique presque toujours un psychiatre formé au TDAH, parfois un neurologue. Le généraliste oriente, le psychologue et le neuropsychologue réalisent les bilans mais ne diagnostiquent pas seuls. Un coach TDAH ne peut pas diagnostiquer.
Comment se faire diagnostiquer TDAH adulte en France ?
En consultant un psychiatre formé au TDAH adulte, souvent via une lettre du médecin généraliste. Le processus comprend des questionnaires (ASRS, DIVA), un entretien approfondi sur l'enfance et le parcours, et parfois un bilan neuropsychologique.
Combien coûte un diagnostic TDAH adulte ?
Entre 300 et 800 euros au total. La consultation psychiatrique (50 à 120 euros) est partiellement remboursée, le bilan neuropsychologique (200 à 500 euros) rarement, sauf prise en charge par la mutuelle. Les CMP sont gratuits.
Combien de temps prend le diagnostic ?
Entre trois et douze mois selon les régions. Le premier rendez-vous chez un psychiatre formé peut demander trois à six mois d'attente, puis le processus diagnostique prend deux à quatre rendez-vous.
Faut-il un bilan neuropsychologique ?
Ce n'est pas obligatoire. Le diagnostic est clinique, posé par le psychiatre sur la base de l'entretien et des questionnaires. Beaucoup le recommandent quand même pour affiner le profil cognitif et écarter d'autres pistes.
C'est quoi le test DIVA ?
La DIVA est un entretien diagnostique structuré que le clinicien fait passer en consultation. Elle reprend les critères du DSM-5 un par un, dans l'enfance et à l'âge adulte, avec des exemples concrets. Ce n'est pas un auto-questionnaire.
Un test TDAH en ligne suffit-il pour être diagnostiqué ?
Non. Un questionnaire ou un test en ligne peut t'orienter et t'aider à décider de consulter, mais le diagnostic reste un acte médical posé par un psychiatre. Considère le test comme une première marche, pas comme une réponse.
Comment savoir si mon enfant a un TDAH ?
Si tu repères chez ton enfant une inattention, une impulsivité ou une agitation marquées qui le gênent à l'école et à la maison depuis plusieurs mois, parles-en au pédiatre ou au médecin scolaire. Le diagnostic chez l'enfant passe par un pédopsychiatre, un pédiatre formé ou un centre diagnostic, avec des questionnaires remplis par les parents et les enseignants.
Références
- American Psychiatric Association. (2022). Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (5th ed., text rev.). DSM-5-TR.
- HAS (Haute Autorité de Santé). (2024). Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez l'adulte : recommandation de bonne pratique. has-sante.fr
- Barkley, R. A. (2015). Taking Charge of Adult ADHD (2nd ed.). Guilford Press.
- Faraone, S. V. et al. (2021). The World Federation of ADHD International Consensus Statement: 208 evidence-based conclusions about the disorder. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 128, 789-818. PubMed
- INSERM. Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) : un trouble neurodéveloppemental. Dossier d'information. inserm.fr